25 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 261 -


Le Québec : De quelques enseignements et effets du Covid19
 Ton instituteur t’apprend à nourrir ton esprit,
Ton médecin soigne ton corps

Des constats et autres observations

démantèlement du Bloc de l’Est suivi du réagencement des Balkans avec l’émergence de nouvelles puissances régionales à caractères économiques et politiques ou encore le raffermissement de l’UE avec l’accueil de quelques pays de l’Est. Ailleurs dans le monde, le focus a été mis sur les guerres déclenchées par les puissances alliées pour déstocker leurs armements obsolètes et les remplacer par de nouvelles plus sophistiquées. C’est ainsi que les paradigmes qui encadraient les relations internationales ont été remplacés par de plus récents sans que personne ne puisse anticiper leurs répercussions. 
C’est Confucius qui disait, ‘’rien n’est éternel si ce n’est le changement’’. Nous y voici, les grandes mutations, les vraies ont débuté non pas en 2000 mais deux décennies plus tard. Quelles sont-elles ? Personne ne niera que la plus inattendue est la pandémie du Covid19. Ses effets sont dévastateurs, non seulement pour les institutions gouvernementales mises au pied du mur ; pour la société avec les consignes contre la contamination et l’introduction de la distanciation civique et enfin sur le plan international une autre définition de la cartographie du monde, sans occulter les dysfonctionnements observés dans la gouvernance fédérale versus la provinciale. Bien entendu il y a ceux qui crient au complot d’une société occulte qui impose ses lois à toute l’humanité. Bon, mais là n’est pas mon propos.
Plus près de nous, souvenons-nous que le Canada a objecté et continuera à le faire contre l’espérance d’indépendance du Québec. Venant de loin, j’ai essayé de comprendre et de mieux connaitre les raisons de cette objection et selon ma lecture de divers paramètres notamment institutionnels et politiques, il me paraît clair que l’une de ces principales raisons n’est pas seulement l’héritage et la préservation de la domination Britannique ou encore l’allégeance à la couronne mais ce sont aussi les immensités aquatiques et le potentiel hydraulique, ainsi que la capacité créative et innovante du Québec. Le Canada ne saurait s’en passer. On pourrait, bien entendu, ajouter la position géostratégique de la Belle Province avec le Nord et l’Atlantique, sinon, le seul Pacifique ne lui suffirait pas.

Les causes et les effets pour les prochaines décennies

Du point de vue des institutions fédérales et provinciales, même sans planification et sans gestion du risque, trois objectifs ont toujours été présents dans l’esprit des gouvernants et des nantis qui les accompagnent : l’économie et son déficit ‘’0’’ même si la banque du Canada imprime sans retenu le billet vert sans considération des effets de l’inflation ; l’identité et la culture malgré des budgets rachitiques notamment pour le Québec ; la portée internationale que le fédéral et le provincial se disputent - insidieusement - depuis au moins 40 ans. La liste pourrait être allongée, cependant ces trois problématiques accaparent la réflexion des gouvernants. Toutefois, depuis quelques semaines ces préoccupation sont rangées pour laisser la place à la santé et la prise en charge des aînés qui sont malgré tout la mémoire du pays ; l’éducation et la formation des jeunes qui constituent la force de travail de l’avenir et, encore l’immigration pour éviter les déficits humains, sociaux et culturels en ce début de millénaire. À titre de repère, en relisant l’histoire en Europe, l’on remarquera que la santé publique dans bien des cas la santé de la population, a été inscrite et renouvelée après chaque apparition d’un mal dévastateur (Choléra, Typhus, Peste, etc.).

Les principales problématiques avant le Covid19

Depuis l’avènement du gouvernement de la CAQ, un autre dossier monopolise l’attention des partis politiques. Il s’agit de la sensibilisation de leurs membres et des citoyens à la veille des échéances électorales internes et externes alors que des pans entiers de la population commençaient à rêver à un été de loisirs. Le Covid19 ne faisait partie d’aucune de leur équation. Les premières conséquences apparurent au grand jour, dès le mois de janvier. Le monde est déstabilisé et ni le Canada ni le Québec n’y échappent.
Au cours du dernier trimestre de 2019, deux autres questions occupaient les esprits et peu de personnes anticipaient la pandémie et ses effets sur les citoyens. La première était portée par des actions agressives contre le gouvernement pour faire abroger la loi 21 portant laïcité face à ceux qui ont opté pour sa défense. La seconde était la recherche de solutions à la profusion des emplois et des difficultés rencontrées par les employeurs à trouver la main d’œuvre appropriée. Avec un focus sur la numérisation et l’automatisation, la formation et les modifications organisationnelles ainsi que sur l’inadéquation du profil des immigrants versus les exigences des employeurs. Tant de domaines de réflexion en chantier.

L’immigration et les contre-coups du Covid19

En quelques-mots, la problématique de l’immigration tourne à la farce tant les perceptions et les visions sont divergentes. Pourquoi, parce qu’il me semble que la mobilité des populations, étant l’enjeu central des libertés individuelles, elle est par conséquent un paramètre sensible que ce soit pour la démographie ou le bien être général.
Ce qui m’a interpellé, c’est que la politique de recrutement tournée seulement vers l’international sans considération pour le Reste du Canada, pourtant, l’arrivée et le départ intra Canada est occultée parmi les indicateurs de base même en ce qui concerne les francophones du Canada. Ces personnes ne sont pas considérées comme immigrantes au moment où sur le plan international, la venue d’étudiants, de réfugiés, et autres demandeurs d’asiles (humanitaire, politique, sécuritaire, etc.) est pratiquement exigée par les faiseurs d’opinions.
Il y a de cela quelques années j’avais émis des réserves sur la politique de l’Immigration des libéraux. Au-delà des sempiternelles idées redondantes, ce sont les mêmes dérives depuis plus d’un quart de siècle : nombre d’immigrants, origines (bassins), qualifications et expériences, enfants, etc. Ma réflexion n’était pas axée sur la seule force de travail des personnes sélectionnées pour venir au Québec, mais sur leur apport notamment aux multiples plans culturel, artistique, éducatif, social et, surtout de partage des valeurs fondamentales de la société d’accueil. En fait, je suggérais que les ‘’spécialistes’’ du ministère œuvrent à la modification des paradigmes de sélection et de les concevoir selon la réponse aux deux questions suivantes :
1)    Quels sont les activités humaines dans lesquels ces nouveaux arrivants pourraient être potentiellement productifs et créer des synergies avec la société d’accueil ?
2)    Comment ces nouveaux arrivants pouvaient s’investir et participer à l’amélioration du bien-être sociétal du Québec et notamment au double plan professionnel et culturel dès leur installation concrétisée ?
Dans la même trajectoire que dire de la problématique du déficit en main d’œuvre et son rapport à l’immigration ? Aucun parti indépendantiste, ni les intellectuels qui soutiennent le processus n’ont préconisé l’organisation, par exemple, d’états généraux sur l’immigration à l’horizon 2050. Il est vrai que le dossier a tellement été manipulé par les administrations libérales successives, qu’il serait hasardeux de l’ouvrir seulement à l’interne. Cependant, il reste que des états généraux sur l’immigration permettraient de mieux appréhender l’avenir ?

Ressourcer le processus d’indépendance

Globalement, si le processus qui mène à l’indépendance du Québec appelle à une réflexion pour une nouvelle politique de l’immigration en adéquation avec les besoins sociétaux du Québec, comment ne pas s’y engager pour créer des ancrages avec la future gouvernance et selon les exigences d’un Québec indépendant ? Dans une première phase les prémices pourraient constituer la plateforme de réponses aux difficultés rencontrées, ici et là, que ce soit en régions ou à Montréal. Le Parti Québécois est-il capable d’opérer une telle prise en charge ? Ce dernier, au moment où il ouvre ses portes pour convenir de sa nouvelle stratégie à l’horizon 2025, gagnerait à initier une réflexion aussi large que possible pour dynamiser l’apport de l’immigration au devenir global du pays. Mais pour ce faire, le courage politique pour un ressourcement de l’idéal indépendantiste ne devrait-il pas être une exigence des rendez-vous de la course à la chefferie ?
Ferid Chikhi

15 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 260 -

Le Covid19 fait le ménage !
Depuis son apparition en Chine, le Covid19 ne s'est pas arrêté de bousculer les habitudes parmi les plus tenaces du dernier siècle. Le confinement est une véritable ''mise en résidence surveillée'' de toute l'humanité. Même dans les pays où les libertés sont les plus respectées et préservées, celle de la mobilité est ébranlée par la distanciation à deux mètres réduisant ainsi la superficie à quatre (4) mètres carrés par personne.
 Mis à part les emplois qualifiés d'essentiels tous les autres, quel que soit le domaine d'activité, sont disqualifiés. En plus de ces emplois il est fait usage de télétravail. Il est vrai que l'informatique et Internet sont au top des technologies que ce soit par les équipements, la fibre optique la Wifi par contre ce n'est pas le cas partout même dans les pays développés où des régions sont encore loin de bénéficier de l'attention nécessaire de la part des gouvernants pour des réseaux performants. La nouveauté réside dans l'apport bénéfique du télétravail, en effet de nouvelles habitudes socioprofessionnelles sont développées et mises en oeuvre et dans bien des cas il e st observé que la productivité est meilleure que celle de la présence physique des employés à leurs postes de travail traditionnels.
L'hygiène, qui par endroits, fort nombreux soit dit en passant, était presque inexistante a été portée à un niveau supérieur ne serait-ce que le lavage systématique des mains mais ignorant le reste du corps. Un changement malgré tout impressionnant.
Mais, à n’en point douter, c’est l’environnement qui est le plus grand gagnant. Moins d’oxyde de Carbonne, moins de pollution. Pas d’avions dans le ciel et la son bleu est plus éclatant. Un confinement humain régulé et l’eau des fleuves, des rivières, des lacs est plus limpide, sans compter que les produits en plastiques dans les forêts, les campagnes et les montagnes est nulle. Le seul problème qui persistera longtemps c’est le devenir des masques. Sont-ils récupérables, recyclables, etc. ?
À ce qui précède vient s’ajouter que l'organisation du travail n'a pas eu besoin d'un diagnostic en profondeur, elle est elle aussi balayée d'un revers percutant ... La numérisation prend toute sa signification dans la partie de soutien ou logistique puisqu’une grande partie des travailleurs sont assignés à résidence pour faire du télétravail, du moins là où l'informatique et Internet est considéré comme un outil de production, de productivité et de performance. La fréquentation des réseaux sociaux a explosé et l'expression libre jusqu'à ces derniers temps devient de plus en plus intelligente réduisant à une proportion congrue les stupidités et autres insultes des ''cancres et autres spécialistes de la subversion''... Il en existe encore mais leur fréquentation en a pris un coup.
En somme tous les domaines d'activités sont ébranlés par les effets du Covid19. Bien des secteurs vont disparaître et les conséquences sur la société humaine sont multiples. Un exemple particulier interpelle notamment les pays riches qui pour les loisirs et les amusements de leurs citoyens, ont fait du tourisme, de la culture de façade, de l'hôtellerie, de la restauration, du transport des espaces dynamiques pourvoyeurs de gros bénéfices. Rien ne sera plus comme avant. L'été 2020 pointe à l'horizon et l'imagination des managers pour amuser ce beau monde devra être à la hauteur de ses attentes au vu des effets grandement déstabilisants du confinement.
C'est dire que la libération de populations des pays développés ''de la résidence surveillée '' ne sera pas facile à gérer, non seulement en ce qui à trait aux loisirs mais notamment au plan de la santé mentale. Les conséquences mortifères observées dans les centres de vieillesse émeut bien du monde et des actions vigoureuses sont tentées ici et là sans grand résultats...
Pour le moment, la reprise débute par le bas. Les écoles, les enfants et leurs enseignants sont canalisée vers leurs établissements avec des consignes strictes avec l'espoir que des résultats probants soient observées.
Pendant ce temps les pays situés hors de la zone dite '' riche ou avancée'', ils n'ont rien à perdre et ils ne s'attendent pas à des retombées venant de de l'autre zone.
Ferid R Chikhi

9 mai 2020

Un Numide en Amérique du Nord - 259

Algérie : Le nouveau projet de constitution et la femme Algérienne ...
J'ai parcouru quelques écrits publiés çà et là par les mediums Algériens et je suis resté sur ma faim. Rien de nouveau à l'horizon, sauf peut-être une partie de l'avis de Maitre Hakim Saheb qui souligne, entre autres, que cette proposition n’aborde pas les vraies préoccupations citoyennes de liberté, qui exigent la rupture avec le discours idéologique dominant et archaïque et l’émergence d’un nouveau paradigme socioculturel, identitaire et institutionnel ...
Ce qui est malheureux ce sont les reportages, à la limite de l'indigence, de ceux qui sont censés informer le public ... Ils ont reproduit l’avis de quelques juristes qui ont énoncé des avis élémentaires, mais encore une fois, la constitution n'est pas seulement l’affaire des seuls juristes. Elle concerne aussi les philosophes, les sociologues, les psychologues, les politologues, les économistes, les managers et j'en passe ...
Je me souviens que dans les années ''70'', le secrétariat général du gouvernement faisait parvenir à bien
des organismes nationaux (de la présidence aux municipalités en passant par les organisations de masses...) les projets de textes : Arrêtés ministériels, décrets, lois, ordonnances ; des délais étaient accordés pour une réponse pertinente ... Je me souviens que des APC éloignées des centres de décision, répondaient de manière laconique : '' Au sujet du projet de texte nous n'avons aucune observation à formuler ''.
Aujourd’hui, j'aurais aimé connaître le point de vue d'au moins un ou une philosophe, un ou une sociologue, un ou une économiste ... Algérien-ne-s.
Et pour finir, c'est comme si parmi les femmes Algériennes il n’y a aucune juriste, aucune économiste, aucune sociologue, aucune politologue et qu'il n'existe aucune constitutionnaliste … Pourtant, les femmes comptent pour la moitié de la population.
Ferid R. Chikhi.